Messages contraignants

Messages contraignants

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Reprenons l'exemple de l'injonction "Ne sois pas proche".  L'enfant peut décider "je peux être proche à condition ....". Taibi kahler a identifié les messages contraignants suivants :
« Fais plaisir »
« Fais effort »
« Sois fort »
« Dépêche-toi »
« Sois parfait »
 
Il va créer un modèle dynamique pour identifier nos ressources ainsi que les mécanismes d'échec sous stress appelé la Process Communication
 
Taibi Kahler - 1994 - Extrait de la préface de l'ouvrage "Comment leur dire" de Gérard Collignon
En observant les patients, je remarquai que juste avant d'adopter de façon évidente des comportements inadaptés, ils employaient des gestes, des attitudes corporelles et expressions du visage qui formaient un ensemble très spécifique et unique pour le diagnostic.

L'un des modèles cliniques que j'étudiais alors, l'Analyse Transactionnelle, se prêtait facilement à l'interprétation de ces observations. Juste avant qu'une personne adopte un comportement tel que "je suis OK, tu n'es pas OK ?" ou "je ne suis pas OK, tu es OK", elle a recours à la même gamme de comportement (mots, gestes, ton, attitudes corporelles, visage).

Les travaux que j'ai effectués à partir de ces observations ont abouti à l'identification et à la classification de cinq groupes de comportements que j'ai nommés : Sois parfait, Fais des efforts, Sois fort, Fais plaisir, et Dépêche-toi. J'ai appelé ces comportements des "Drivers" (conducteurs) dans la mesure où ils conduisent vers une détresse plus profonde. Cette recherche initiale a révélé des corrélations significatives, particulièrement utiles pour prédire des comportements d'échec dans des situations de détresse. J'ai appelé ces séquences des "mini-scénarios".

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H.Capers : Lorsqu'une personne voit son mini-scénario non-OK écrit sur un tableau noir, elle se trouve devant ce choix : ou s'y tenir, ou bien l'abandonner et faire de nouveaux choix. Nous avons observé des réactions qui vont du "Chic ! j'ai compris" et "Je puis changer ça!" jusqu'à la question effrayée : "Et maintenant, que vais-je faire ?".

Nos décisions dans l'enfance : le Scénario

Les injonctions et les messages contraignants font partie de ce qui va déterminer nos choix de vie dans l'enfance et constituer une histoire, un film que l'on déroule (avec un début et une fin plus ou moins dramatique ou banale). l’Analyse Transactionnelle nomme cette "construction" scénario

Eric Berne énumère les scénarios de vie : Jamais, Toujours, Après, Jusqu'à, Sans fin, Encore et Encore

La personne adulte n'est pas autonome : elle est freinée dans ses choix et limitée dans ses actions sans en avoir conscience
Plan de vie décidé dans l'enfance
« plan de vie qui contient tout ce qui doit arriver d’important à la personne concernée. Il est basé sur une décision prise durant l’enfance, avec toutes les informations dont elle dispose à ce moment là, décide d’une certaine attitude, de certaines attentes et d’une certaine forme de vie représentant une solution raisonnable face à la difficulté existentielle face à laquelle elle se trouve ». (C. Steiner).

Eric Berne disait en 1970 dans Amour, Sexe et Relations p 157 :   Dès les premiers mois, l'enfant apprend ce qu'il doit faire, mais aussi ce qu'il doit voir, entendre, toucher, penser et sentir. Et en outre, il apprend aussi s'il doit être un gagnant ou un perdant, comment sa vie va finir. Toutes ces instructions sont programmées dans son esprit et son cerveau aussi nettement que si c'étaient des cartes perforées insérées dans la mémoire d'un ordinateur. Dans les années qui suivent, ce qu'il considère comme indépendance ou son autonomie, n'est en fait que sa liberté de choisir certaines cartes, mais pour la plupart, les anciennes perforations restent là où elles étaient à l'origine.

Re-décider

En coaching ou en thérapie, l'on peut travailler sur les croyances et les comportements à des niveaux différents (comportemental, physiologique, intrapsychique) pour que le client puisse faire de nouveaux choix. Pour cela, le coach ou le thérapeute travaillera les 3 P : Permission, Protection et Puissance

En chaque position du mini-scénario se joue une tendance dynamique vers la survie.... si les personnes se bloquent dans celui-ci, c'est pour survivre, car elles ne réalisent pas leur capacité de vivre pleinement la vie dans ce qu'elle comporte de meilleur. (Hedges Capers et Louise Goodman, article p66 CAT 4)
Développer de nouvelles Protections permet à la personne de ne pas prendre de risques et de libérer sa Puissance interieure et ainsi être capable de s'opposer aux injonctions et messages contraignants en se donnant des Permissions

Voici un texte d'Eric Berne extrait de son livre "Que dites-vous après avoir dit bonjour ?" (chp 14 Comment le scénario est-il possible ?) :

L'antithèse du scénario, c'est la vraie personne vivant dans un monde réel. Cette vraie personne, c'est probablement le Soi véritable qui peut se déplacer d'un état du moi à un autre. Quand les gens commencent à bien se connaître, ils accèdent, au-delà du scénario, à la profondeur du Soi véritable, c'est à dire à cette part de l'autre personne qu'ils respectent et qu'ils aiment, et avec laquelle il leur ai donné d'avoir des moments d'intimité véritable, (.....)