Chemin de femme

Chemin de femme

J'ai choisi un passage du livre de Guy Corneau, N'y a-t-il pas d'amour heureux ?, pour parler de cette difficulté que nous rencontrons, les femmes, à reprendre notre chemin, quand nous avons été mère, pour faire couple.

Ce passage du livre est là pour illustrer notre partie d'ombre qu'il est utile de révéler si nous voulons reprendre le chemin de la femme et de la jeune fille en nous

L'ombre de la mère

La plupart des mythologies prêtent à la mère les attributs de dévouement et de générosité qui vont jusqu'au sacrifice de soi. Les diverses représentations de la mater dolorosa en font foi. Mais bizarement la figure maternelle y possède toujours son contraire : si elle donneuse de vie, elle est aussi porteuse de mort. Par exemple, en Inde, la déesse Kali préside aux naissances mais elle également présente au moment des décès. On dit même qu'elle danse de joie dans le sang des morts. Chaque mère porte ce côté destructeur et mieux vaut qu'elle le reconnaisse si elle ne veut pas qu'il se retourne malgré elle contre ceux et celles qui lui sont chers. En fait, une mère risque de se transformer en sorcière quand elle ne consent pas à ce terrible pouvoir de donner la mort.

Les principales formes d'expression qui peut prendre l'ombre maternelle lorsqu'elle n'est pas reconnue consciemment s'appellent le narcissisme, le perfectionnisme, la surprotection, la violence et la culpabilisation. La frustration des besoins essentiels dont nous venons de parler est principalement responsable dud développement de ces dynamiques. Elles vont lier la mère et le fils dans un cercle vicieux de dépendance et de culpabilité qui empêcheront et l'homme et la femme d'émerger. Mais il va sans dire que les pères sont tout aussi narcissiques, perfectionnistes, violents et culpabilisateurs que les mères peuvent l'être. Et ils causent les mêmes tords aux enfants.

Les enfants intègrent les blessures psychologiques du père ou de la mère par le biais des complexes parentaux qui représentent les parents à l'intérieur du psychisme pour ainsi dire. Ces complexes assiègent le moi toutes les fois qu'il n'est pas aligné sur les injonctions parentales. Ainsi, toutes ces blessures se transmettent d'une génération à l'autre. Les mères qui ont manqué de père arrivent en couple avec un complexe paternel négatif, leur créativité est brimée, elles sont déçues par leur partenaire, l'animus s'agite, elles s'attaquent à l'éducation d'un enfant pour en faire un petit dieu, deviennent exigentes, le fils développe un complexe maternel négatif en réaction aux pressions de sa mère, a peur des femmes, néglige sa partenaire et ses filles, celles-ci développent des complexes paternels négatifs, épousent des hommes qui ont peur d'aimer, et ainsi de suite. Tout est lié dans une danse sans fin qui tisse le fil de la vie.

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Le livre de Guy Corneau est riche en exemples et nous permet de réfléchir aux relations que nous perpétuons .

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Autre citation

   « Que diable suis-je venue faire sur cette Terre ? M’accomplir !
    Pour ce faire, je vais procéder en deux étapes. Premièrement, me souvenir de qui je suis. Deuxièmement, me manifester dans la matière.
    Je me souviens de qui je suis. Tant que je recherche à l’extérieur de moi la sécurité, la protection, la garantie de bonheur et de paix dont j’ai besoin, je vis dans un monde d’illusion et je paye fort cher cette recherche qui ne me satisfait pas. Pour ne plus survivre dans un monde où règne la peur, je choisis de me souvenir de qui je suis, véritablement. Me souvenir de qui je suis, pour retrouver ma vraie nature divine.
    Je me manifeste dans la matière. L’esprit ne peut exister que s’il se manifeste concrètement dans la matière. Pour réaliser ma divinité, je me comporte en être divin dans toutes mes pensées, mes paroles, mes actions de la vie quotidienne. C’est ce qu’on appelle spiritualiser la matière. Et c’est de cette façon que je divinise mon corps. Non pas en sortant de mon corps et en m’évadant dans de beaux nuages roses. Non pas en suivant mes peurs. Non, au contraire. C’est en affirmant et en affrontant toutes les peurs qui intoxiquent mes pensées, mes paroles, mes actions. Les unes après les autres, je les identifie, les accueille, les transforme. Je ne leur fais pas la guerre. Non. Je fais la paix avec elle. »
Ghislaine Saint-Pierre Lanctôt « Que diable suis-je venue faire sur cette Terre ? M’accomplir ! »

Aller plus loin

En finir avec les pervers narcissiques - Arnaud Riou